Nous mettons en ligne le courrier adressé ce-jour à Monsieur le Préfet ainsi qu’aux députés des deux circonscriptions et à Madame la sénatrice des Hautes-Alpes. Il s’agit d’une urgence absolue concernant l’eau potable et la prise d’eau du Drac aux Ricous.

Si la calamité qui s’abat sur notre vallée du Champsaur pouvait réveiller les consciences…  Il y a urgence pour le Champsaur, la ville de Gap et l’ensemble du bassin gapençais !

Bernard

 

 

 

Monsieur Philippe Court

Préfet des Hautes-Alpes

Rue, Saint-Arey

05000 Gap

Champoléon, le 13 novembre 2017

 

 Objet: Prise d’eau des Ricous et alimentation en eau potable et en eau d’arrosage du bassin gapençais.

 

Copies à:

Mme Pascale Boyer, députée 1ère circonscription

M. Joël Giraud, député 2ème circonscription

Mme Patricia Morhet-Richaud, Sénatrice

 

Monsieur le Préfet,

Lors de notre assemblée du 10 novembre dernier il a été décidé de vous faire parvenir les doléances d’une vallée entière et bien au-delà. Nous venons vers vous afin que vous examiniez en urgence absolue la problématique du prélèvement d’eau potable et d’eau destinée à l’arrosage au lieu-dit « Les Ricous », prélèvement d’eau de surface sur le torrent du Drac.

Nous vivons depuis des années des manques d’eau qui se ressentent et affectent sévèrement et durablement la nappe phréatique des Ricous tout comme ils affectent la qualité et la viabilité même du torrent Le Drac. Nous n’allons pas ici entrer dans des détails dont vous avez connaissance mais qui sont tous avérés.

Nous courons vers une catastrophe écologique et sanitaire si rien n’est entrepris dans les prochains mois.

Les responsables du canal de Gap et le maire de Gap, pour des raisons mercantiles et d’ego de personnes, s’entêtent dans des solutions à court-terme vouées à l’échec et mettent en péril un torrent, une faune et une flore aux qualités inestimables.

Vous connaissez la sécheresse dont nous sommes actuellement les victimes et qui pourrait être sans précédent. Elle pourrait même devenir récurrente vu le réchauffement climatique que le monde entier subit. La commune de Saint Jean Saint Nicolas (comme bien d’autres communes de la vallée), voit ses adous complètement asséchés. Pire que cela, elle fait appel depuis plusieurs semaines à la commune voisine de Saint Léger les Mélèzes afin de subvenir à ses besoins quotidiens en eau potable, soit, à l’heure où je vous écris un prélèvement quotidien de 200 m3.

Cette situation impacte aussi les bâtiments implantés sur et autour la nappe des Ricous qui s’étend de la commune de Champoléon jusqu’à celle de Saint Jean Saint Nicolas. Nous avons tous ici en mémoire l’année 2003 au cours de laquelle une sécheresse moindre et un abaissement important de la nappe phréatique, comme cela est le cas aujourd’hui, s’était traduits par des fissurations importantes sur une demi douzaine d’habitations sur la commune de Saint Jean Saint Nicolas.

L’ensemble des résidents de la vallée du Champsaur ainsi que l’économie locale de notre vallée souffrent de l’inaction des responsables, directs ou indirects, de ces problèmes.

Vu de l’état dramatique du torrent du Drac et de la nappe des Ricous, vu les besoins croissants en eau potable de la ville de Gap et du bassin gapençais il serait même inconscient de vouloir déplacer le problème sur la nappe des Choulières, commune de Saint Léger les Mélèzes pour du long terme et pérenniser ainsi la situation (tout en sachant à ce jour que c’est la seule et unique solution à mettre en œuvre et au plus tôt pour du court et moyen terme comme le préconisent nombre d’études depuis des années).

L’évolution rapide du changement climatique de ces dernières années remet en cause cette solution sur du long terme, solution pourtant viable il y a seulement un ou deux ans.

Pour une solution pérenne il faudrait envisager le prélèvement en eau potable et en eau d’arrosage directement sur la rivière la Durance.

En l’absence de décision du maire de Gap et des dirigeants du canal de Gap il vous revient, Monsieur le Préfet, en qualité de représentant de l’Etat ainsi qu’aux élus concernés du département des Hautes-Alpes de prendre les mesures nécessaires afin que la ville de Gap, le bassin gapençais et la vallée du Champsaur puissent vivre dans la sérénité.

Nous espérons que l’intérêt collectif primera sur les intérêts privés. Je vous fais part de mon entière disponibilité afin de vous rencontrer pour évoquer cette dramatique situation.

Dans l’attente de vous lire, recevez, Monsieur le Préfet, l’assurance de notre profond respect.

 

Pour le Collectif DRAC:

Le porte-parole,

Bernard Beissier